Les Sourires de Bouddha | Création à Tarbes

Sourires de Bouddha

La collégiale d’Ibos a été l’antre, vendredi soir, d’une prestation d’une dextérité déconcertante.

L’ensemble vocal Les Eléments, sous la baguette de Joël Suhubiette, a en effet jonglé entre des créations à des années-lumière les unes des autres : car avouons qu’entre les oeuvres de Josquin de Prés du XVe siècle, et celle du compositeur contemporain Ton That Tiêt, on ne navigue pas dans les mêmes eaux. Musique de messe en latin pour les premières, musique d’inspiration bouddhiste teintée de dialecte asiatique pour la seconde, il fallait bien du talent chez cette formation toulousaine en résidence depuis le début du mois dans la cité bigourdane. Mais c’est surtout parce que la création de Ton That Tiêt, commandée par la scène nationale du Parvis pour l’occasion, était jouée pour la première fois que la soirée revêtait un caractère exceptionnel. Le compositeur vietnamien avait, pour l’événement, fait le déplacement dans la capitale haut-pyrénéenne. Et il semble qu’il en est parti avec la satisfaction d’avoir assisté à une interprétation digne de sa renommée internationale. Rencontre chez qui, comme dans sa musique, chaque mot compte.

D’où vient l’inspiration des « Sourires du Bouddha » joués pour la première fois à Ibos ?

L’idée d’écrire cette oeuvre vient de mon expérience dans une communauté bouddhique bordelaise. Les poèmes chinois m’ont ensuite aidé à concrétiser l’idée de la pensée. Mais c’est toujours l’idée extra-musicale, philosophique qui m’aide à composer, à élaborer une structure. Quant aux poèmes d’auteurs chinois sur lesquels je me suis appuyé, ce sont un mélange d’inspiration bouddhiste mais aussi taôiste avec une prédominance accordée à l’homme et à la nature. Maintenant que je suis âgé, je m’approche beaucoup plus de la vision du monde taôiste.

Pourquoi avoir choisi Les Eléments ?

Lorsque je les ai entendus, j’ai été séduit par la sonorité qui se dégageait de leur ensemble et par leur homogénéité.

Leur interprétation vous a-t-elle séduit ?

On peut dire que pour une première interprétation, c’est tout à fait satisfaisant.

Vous vivez depuis très longtemps en France, pourtant vous restez toujours au coeur de la musique vietnamienne et vous avez même créé une association France-Vietnam pour la musique…

La musique traditionnelle vietnamienne est dans mes racines. Maintenant, le Vietnam n’est plus communiste et, en s’ouvrant, reçoit beaucoup de touristes. La musique traditionnelle a été modernisée pour plaire aux touristes. C’est dommage et dangereux de perdre une musique si riche. On ne compose plus cette musique-là. L’association a donc pour but d’aider et de développer l’enseignement de la musique classique occidentale et d’aider à conserver la musique traditionnelle. Ainsi, l’ensemble de musique de cour de Huê viendra en 2002 à Tarbes

La Dépêche du Midi

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